André Paillaugue Spirit juin 2008

Les présences de Kiuston Hallé

(Spirit juin 2008)

 

(Spirit juin 2008)

 

 

Jusqu'au samedi 28 juin, la galerie de l'Espace 29, est investie par Kiuston Hallé. Autour d'une "ligne de vie" au sol qui guide le visiteur, sur deux grands panneaux de toile, sont reproduites à l'impression laser les variantes d'une forêt de cônes. Des impressions sur papier baryté proposent en regard trois photographies d'une main ouverte réalisées par Antoine Bourdelle et une tête de celui-ci en bronze. Comme un trait d'union, une autre impression répète le motif de pointes de piquets vues de face, faisant secrétement songer aussi bien à Hantaï qu'à une certaine idée du pop art. Les cônes sculptés, peints en blanc occupent une console circulaire au fond de l'espace. L'ensemble, avec ses fines nuances de gris,et souligné par un "tapis sonore" composé de murmures de voix par Harry Wanders, joue de l'opposition entre le geste ouvert de la main et la fermeture agressive que nous montre les cônes et les fagots de piquets.

"La danse est ma philosophie" affirme Kiuston Hallé qui a été formée par Merce Cunningham et a été la première danseuse invitée par la Compagniede Carolyn Carlson à l'Opéra de Paris.Très vite cependant elle s'est tournée vers la photographie.En 1987 elle réalise une commande du musée Rodin , riche d'un fonds photographiques de 3000 photographies que faisait réaliser le sculpteur. Par la suite elle réalisa une série sur le thème des "Trois grâces et des cariatides". Ainsi, révélat'elle à un public averti les dimensions conjointes de religiosité et de paganisme du maitre. Invitée par laVilla Médicis hors les murs, elle fait ensuite un long séjour en Andalousie, où elle photographie les retables de la Contre Réforme pour insérer les photos dans des cadres où elles sont enchassées par des ruban de plomb. Face à ces compositions, l'on pourrait difficilement appréhender mieux les notions de jouissance et d'inconscience de la mort sur quoi repose un certain baroque espagnol. Passionnée en fait par la sculpture et la peinture Kiuston Hallé admire des artistes comme Anselm Kiefer ou Miguel Barcelo. La photo est avant tout dans sa conception un medium pour un travail au-delà de la photographie. L'important pour elle, est de continuer à travailler, d'être de plus en plus engagée à sa façon, de résister face à un cycle permanent de destructions, puisque d'une certaine manière, assure t' elle "rien ne peut être anéanti".

C'est donc bien dans le prolongement et la maturation d'une oeuvre que s'inscrit l'actuelle exposition "Présences" qui est l'aboutissement provisoire d'une quête de spiritualité aux antipodes de toute  adhésion à quelque religiosité prédéfinie. Les cônes et les piques nous renvoient à l'inéluctable, en d'autre termes à un cycle universel de destruction/reconstruction. Ce qui leur fait face, les mains d'Antoine Bourdelle appelant à se confier, relevent de l'intemporel ou encore une d'une"force" susceptible de contrebalançer les agressions inhérentes à "notre monde sauvage". Le visiteur fait en tout cas une expérience esthétique majeure en s'immergeant dans ce lieu invitant à la quiétude et à la méditation active.

            André Paillaugue

Sous-pages
Dernière mise à jour de cette page le 09/03/2009

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Photo
Créer un forum - Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web